CASA DU REGIDOR OVALLE
20 minutesPrix visite libre
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La Maison du Régisseur Ovalle est située dans la Calle Bordadores, près d'autres monuments emblématiques tels que la Casa de las Muertes, le Palais de Monterrey ou le Couvent de l'Annonciation. C'est un coin rempli d'histoire qui mérite d'être connu par ceux qui visitent Salamanque.
C'est un bâtiment de style baroque datant du XVIIIe siècle. Il appartenait à l'origine à Juan Antonio Ovalle Prieto, qui était régisseur de la ville et membre de l'Ordre militaire de Santiago. On sait peu de choses de plus sur l'histoire et les origines de ce bâtiment. À l'époque contemporaine, il est resté à jamais lié à la figure de Don Miguel de Unamuno, l'un des intellectuels et écrivains les plus éminents de son temps. Ce bâtiment fut sa maison, et celle de sa famille, pendant vingt-deux ans et c'est là qu'il est décédé le 31 décembre 1936. Il ne reste rien à l'intérieur de ce qu'il possédait de son vivant. La famille y vivait en location et presque tout ce qu'il possédait a été transféré à la Maison Rectorale située dans la Calle de Libreros, aujourd'hui connue sous le nom de Casa-Musée Miguel de Unamuno.
Don Miguel arriva dans cette maison en 1914, après avoir été destitué de son poste de recteur de l'Université de Salamanque en raison de ses opinions politiques contre le régime de l'époque. De cette maison, il partit en exil le 21 février 1924, revenant le 13 mars 1930. Six ans s'étaient écoulés depuis son départ de Salamanque. En y entrant, son premier geste fut d'aller rencontrer son petit-fils. La foule rassemblée à la porte le poussa à sortir sur le balcon. Ému, il évoqua les paroles qu'il avait prononcées en partant en exil : « Je reviendrai, non pas avec ma liberté, qui n'importe pas, mais avec la vôtre. » Ce moment fut immortalisé sur les photographies où Unamuno apparaît penché au balcon avec sa famille.
Son bureau donnait sur ce balcon de la rue Bordadores. De là, il observait la vie quotidienne de Salamanque, une ville qui fut toujours au centre de son œuvre et de sa pensée. De là, il voyait apparaître le Donjon des Ursulines et, au fond de la rue, son cher Campo de San Francisco. La demeure se transforma en un refuge où il consacra son temps à réfléchir et à écrire sur des questions transcendantales. Dans cet espace, il donna vie à des œuvres comme La Tía Tula ou Abel Sánchez.
Sur la façade de la maison, sur une plaque de marbre, on peut lire une belle poésie d'Unamuno où sont reflétés son amour pour Salamanque et son désir d'immortalité.
Il s'agit d'un bâtiment de trois étages construit avec de la bonne pierre de Villamayor. Il est composé d'un rez-de-chaussée, dédié au commerce et à la restauration, d'un étage principal avec deux logements qui ouvrent leurs balcons sur la rue, et d'un deuxième étage qui semble être un ajout postérieur où s'ouvrent cinq balcons. La façade présente un grand fronton triangulaire brisé qui abrite une riche décoration baroque. Au-dessus du fronton, entre deux balcons, figure l'écusson du Régidor Ovalle surmonté d'un casque et entouré d'une guirlande de fruits de style rococo. Il se compose d'une croix grecque à bras droits entre lesquels se nichent quatre loups. Trois balcons s'ouvrent à l'étage principal. Celui de gauche, deux fois plus long que les deux autres, correspond au logement d'Unamuno.
Les rares descriptions dont nous disposons suggèrent que son intérieur ne diffère pas excessivement de l'état qu'il présentait lorsque la famille Unamuno l'occupait. L'étage principal est divisé en deux logements, Unamuno vivait dans celui de droite. On y accède par un escalier en bois raide. Il s'agit d'un logement de plan rectangulaire compris entre la rue et une cour intérieure. Dans la cour intérieure poussent un figuier et un escalier en bois qui relie les étages.
Seul le bureau d'Unamuno avait des fenêtres donnant sur la rue Bordadores. Depuis ce balcon, face au camarín de l'église de Santa María de los Caballeros, Unamuno contemplait la Calle Compañía et le Palais de Monterrey, dont il a représenté la magnifique tour dans un dessin et qui lui a inspiré l'une des nombreuses poésies dédiées à la ville. Dans la partie intérieure de la maison se trouvait un petit salon avec une grande fenêtre donnant sur le patio jardin. C'est la seule pièce qui avait un sol en bois. Unamuno y est décédé. Le sol de cette pièce garde encore son souvenir : la brûlure dans le bois, témoin silencieux de l'instant où Don Miguel, dans son dernier souffle, a plongé son pied dans le brasero.
Nombreuses sont les références et descriptions du bureau d'Unamuno faites par les intellectuels et journalistes qui lui ont rendu visite, particulièrement abondantes durant les derniers mois de sa vie. Tous décrivent une pièce sobre, avec les murs tapissés d'un vert éteint. Une table carrée - avec un tapis noir et deux fauteuils de moine de chaque côté - lui servait de bureau. Deux tableaux ornaient la pièce, l'un d'eux avec un paysage du Lac de Sanabria, il a pu l'inspirer lorsqu'il écrivait San Manuel Bueno y Mártir.
Sa bibliothèque personnelle, avec plus de 6 000 volumes, a été offerte à l'Université par Unamuno lui-même quelques mois avant sa mort. Le reste du mobilier et des objets personnels se trouvent à la Maison-Musée Miguel de Unamuno de la Calle Libreros.